L’ESPERAL® (disulfiram)

Ce médicament ancien était utilisé notamment dans les cures de dégoût. Contrairement à L’AOTAL®, au LIORESAL® ou au REVIA®, il n’agit pas sur le SNC mais sur le foie.

En cas de métabolisme normal, l’alcool éthylique est détruit par le foie par l’action d’une enzyme qui le transforme en acétaldéhyde, lui-même converti via l’aldéhyde déshydrogénase en acide acétique non dangereux. Ce processus est bloqué par le disulfirame. Lorsque de l’alcool est absorbé après avoir pris du disulfirame, la concentration d’acétaldéhyde dans le sang peut être 5 à 10 fois plus élevée que lors de la prise de la même quantité d’alcool seule. Comme l’acétaldéhyde est un des principaux facteurs de la gueule de bois, sa présence en forte quantité engendre une réaction dissuasive contre la prise d’alcool. Le disulfirame agit 5 à 10 min après l’ingestion d’alcool et le malade ressent les effets de la gueule de bois pendant un laps de temps allant de 30 min à plusieurs heures.

Les autres symptômes observés sont le rougissement de la peau, l’accélération du rythme cardiaque, une difficulté à respirer accompagnée de nausées et vomissements. Selon la quantité d’alcool ingérée, l’interaction disulfirame-alcool peut être plus ou moins violente. Plus la quantité d’alcool consommée sous traitement par disulfirame est importante, et plus les symptômes seront forts en intensité. La réaction peut aller jusqu’au collapsus cardio-vasculaire voire jusqu’au coma. L’acétaldéhyde accumulé, responsable de ces symptômes, a un effet vasodilatateur, le sujet peut donc ressentir des gonflements, rougeur, la tension artérielle chute brutalement, et le cœur accélère son rythme en compensation.

On ne doit pas prendre de disulfirame en cas de consommation d’alcool dans les douze dernières heures. Plus la dose de disulfirame est importante, plus son effet est de longue durée. Comme son absorption dans le corps est lente, son élimination prend du temps et son effet peut se faire ressentir deux semaines après l’ingestion du médicament. C’est pourquoi il faut informer en détail le malade des effets de la réaction du disulfirame sur l’alcool.

Le disulfirame est disponible en comprimés de 200, 250 et 500 mg. La dose de départ habituelle est de 500 mg, suivie d’une dose de 250 mg par jour, qui ne devrait pas dépasser 500 mg.

En aucun cas, le disulfiram peut faire l’objet d’une prescription isolée sans information du patient et sans suivi psychologique. Il doit être inclus dans un projet thérapeutique librement consenti par le patient et le médecin.

Outre le fait qu’il dissuade le potentiel consommateur, il a également un effet modérateur sur les pulsions car, quand on ne peut pas faire quelque-chose, on en a moins envie.

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