Un malade alcoolique peut-il réduire/contrôler sa consommation sans arrêter complètement de boire ?

Contrôler sa consommation d’alcool en cas d’abus ou de dépendance, une alternative possible à l’abstinence totale ?

Une personne qui consulte pour la première fois un addictologue suite à une consommation excessive d’alcool est souvent très inquiète à l’idée que le praticien puisse lui annoncer qu’un sevrage va être nécessaire, suivi d’une abstinence totale :  plus une goutte, plus jamais. Cette crainte l’amène habituellement à retarder au maximum cette consultation, parfois pendant plusieurs années, laissant le trouble s’aggraver et, finalement, arriver à un stade de dépendance où ladite abstinence totale deviendra inévitable.

Depuis quelques années, obligés de constater le fort taux de rechute des patients pratiquant l’abstinence stricte après un sevrage, certains addictologues ont un avis moins tranché et seraient plutôt partisans d’un compromis, à savoir de remplacer le sevrage par une stratégie permettant de diminuer progressivement les quantités pour revenir à des normes de consommation acceptables pour la personne et son entourage.

La question se formule ainsi : Un patient souffrant d’un TUA (Trouble de l’Usage d’Alcool) sévère et de longue date peut-il avoir la capacité de revenir à une consommation raisonnée et contrôlée, non pas seulement quelques jours au prix de gros efforts mais sur la durée et avec une relative sérénité ?

Personnellement, il m’arrive fréquemment d’accompagner des personnes en difficulté avec l’alcool qui refusent de renoncer totalement à toute consommation. Avant de se résoudre à un sevrage, ils veulent essayer de retrouver le contrôle et être capable de diminuer leur consommation et la maintenir dans le temps.

Soyons clairs, respecter une consommation contrôlée après une période parfois longue d’abus n’aura rien de facile car allant à l’encontre du concept de maladie alcoolique : une fois installée, la dépendance devient chronique et, sauf si le patient respecte une stricte abstinence, elle évoluera avec le temps dans le sens de l’aggravation.

La tentative de réduction de sa consommation peut toutefois être une expérience à tenter, surtout lorsque la motivation intrinsèque du patient est insuffisante pour envisager une vie sans alcool. Au mieux, elle sera couronnée de succès, au pire il sera amené à envisager la solution de l’arrêt total mais il aura essayé de l’éviter.

Dans les deux cas, bien connaître les principes d’apparition et d’évolution du TUA est indispensable pour combattre ce trouble et lutter contre son aggravation.

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