Présentation actualisée de la Thérapie Comportementale Dialectique (TCD)

Présentation de la Thérapie Comportementale Dialectique (TCD)

Entraînement aux compétences psychosociales des personnalités Etat-Limite ( « hyper émotionnelles »)

Méthode Marsha Linehan

Avant toute chose, il est d’important de dire que cette thérapie est difficile car très exigeante. Elle demande beaucoup de motivation et de détermination car le travail ne se limite pas aux séances avec son psy, loin de là, et plusieurs mois sont nécessaires avant de constater les premiers résultats. Le patient ou la patiente doit s’auto-observer en permanence et noter toutes les situations/expériences qui lui ont posé des difficultés en termes d’émotions, de pensées et/ou de réactions inadaptées. L’objectif final de cette thérapie est de lui permettre d’acquérir une connaissance profonde de son trouble et d’apprendre à mieux identifier et analyser en temps réel les situations critiques afin de contrôler ses réactions face à ces dernières au lieu de les aggraver.

La thérapie TCD,  d’inspiration cognitive et comportementale, a été conçue par Marsha Linehan pour prendre en charge les personnes souffrant de troubles émotionnels (personnalité hyperémotive/Borderline). Elle ne se substitue bien-sûr pas aux traitements médicamenteux éventuels.  La formule qui s’est avérée la plus efficace est de conjuguer une psychothérapie individuelle et une participation aux groupes de psychoéducation.

Que représente la dialectique dans la thérapie TCD ?

La dialectique concerne, dans son sens général comme en psychologie, l’art de raisonner et de persuader.

1)     Le raisonnement permet de découvrir la nature fondamentale de la réalité, celle-ci existant dans chaque situation. Il est important de s’en approcher au plus près pour réagir de façon la plus appropriée.

2)    Le dialogue persuasif, à la base de la relation thérapeutique, aura pour rôle d’induire le changement.

Caractéristiques de la thérapie TCD

Trois dimensions caractérisent l’approche TCD :

1)     Approche globale – Un comportement isolé n’a de sens que s’il est associé au contexte  dans lequel il se produit (immédiat et/ou plus large) et aux comportements concomitants. Il est également à rapprocher des comportements précédents. Par exemple, se garer sur le trottoir (comportement isolé) peut éventuellement être motivé par une urgence et l’absence de place de stationnement (contexte). Afin de trouver la réalité fondamentale de la situation, il convient également de savoir si cette personne a l’habitude de se garer sur le trottoir ou si c’est exceptionnel (comportements précédents).

2)     Confrontation entre raisonnement et ressenti – La personne hyperémotive qui souhaite résoudre ses problèmes de dysrégulation émotionnelle va se trouver sans arrêt écartelée entre deux désirs contradictoire : ce qu’elle voudrait intellectuellement (changer pour aller mieux) et ce que son ressenti lui dicte (changer pour aller mieux mais tout en restant la même). Il existe trois types de contradiction :

  • Désirs contradictoires – Contradiction entre la nécessité pour la personne de s’accepter telle qu’elle est aujourd’hui (condition préalable à tout changement réaliste et durable) et le désir de changer tout de suite (en sautant cette étape) pour un meilleur bien-être. En d’autres termes, la personne voudrait devenir ce qu’elle aimerait être avant de savoir qui elle est vraiment.
  • Perdre pour gagner – Contradiction entre le désir de changer et la crainte de perdre les bénéfices actuels en cas de réussite (par exemple, entre la volonté de guérir et la crainte d’être « abandonnée » par ses thérapeutes et obtenir moins d’attention de la part de ses proches. Autre exemple : craindre de perdre sa réputation d’originalité et de spontanéité que lui confère sa personnalité émotionnelle et « entière » )
  • Blessure narcissique – En évoluant dans la thérapie, la patiente va prendre conscience que « les autres » avaient raison quand ils lui disaient qu’elle ne se comportait pas normalement. C’était elle la « coupable », pas l’entourage, comme elle le pensait. Elle va passer du statut de victime des autres et du manque de chance à celui d’actrice principale de ses propres difficultés. Elle risque d’avoir du mal à accepter d’avoir été la « mauvaise » et de pas vraiment s’identifier à la personne qu’elle est en passe de devenir. En effet, sa personnalité en noir et blanc l’empêche souvent de faire la part des choses : il est évident qu’elle n’est pas seule responsable de ses difficultés et que les autres et la chance jouent également un rôle, mais pas aussi important qu’elle ne le pensait. Cette étape est la plus délicate car beaucoup de personnes veulent abandonner la thérapie à ce niveau.

3)     Processus de changement dynamique – Alors que la personne change pour mieux s’adapter à son environnement, ce dernier va également changer en même temps qu’elle et n’est donc pas constant. La personne devra donc appréhender et accepter l’évolution de l’environnement en parallèle de sa propre évolution. Par exemple, une personne qui travaille sur ses rapports agressifs avec son entourage verra les réactions de celui-ci changer à mesure qu’elle progresse dans son propre changement (moins de confrontations, climat plus serein, etc.) ; le patient doit à la fois appréhender ce changement et continuer son propre processus de changement, ne pas s’arrêter aux premiers résultats visibles. L’acceptation du changement et la nouvelle appréhension de l’environnement font partie des objectifs de la thérapie.

Qu’est-ce qu’une personnalité hyper émotive ?

Il convient en premier de différencier l’hypersensibilité de l’hyperémotivité.

L’hypersensibilité se caractérise par une perception exacerbée de l’environnement par rapport à la norme habituelle. Maîtrisée, elle permet à l’hypersensible de percevoir un plus grand nombre d’informations que la moyenne des individus et de ressentir des émotions plus fortes et plus nuancées. Ces dernières vont notamment influencer les interactions sociales en ressentant mieux les autres (par exemple saisir naturellement les signes non verbaux ou paraverbaux émis par une personne alors qu’ils resteront invisibles pour la plupart des gens). Les hypersensibles seront évidemment plus touchés que la moyenne par la souffrance des autres, les intentions bienveillantes ou malveillantes à leur égard ou par la beauté d’une œuvre d’art. Pour que cette hypersensibilité constitue un atout, il est nécessaire que la personne qui en est dotée ait un appareil psychique capable de maîtriser et de traiter ce surplus d’information, de gérer sans efforts les émotions qui en découlent et de les utiliser à bon escient.

L’hypersensibilité peut devenir de l’hyperémotivité, c’est-à-dire une réponse émotionnelle disproportionnée par rapport à la situation vécue, avec pour conséquence une réaction non adaptée. Cela se produit quand les émotions débordent nos capacités à les gérer et rendent impossible leur mentalisation objective, ce qui crée des interprétations erronées qui, à leur tour, vont provoquer des réactions inappropriées.

Alors que l’hypersensibilité est un atout précieux, l’hyperémotivité est un problème à résoudre. Elle peut constituer une vraie psychopathologie lorsque les émotions sont plus fortes que nos capacités à les réguler. Cela explique que l’hyperémotivité soit au cœur de certains troubles de la personnalité, notamment le trouble borderline.

En résumé, nous pouvons dire que l’hypersensibilité se rapporte aux sens. L’hypersensible perçoit plus d’informations que la moyenne. Cela produit bien-sûr des émotions plus intenses mais plus nuancées qui lui permettent une synthèse plus juste de la situation.  L’hyperémotivité quant-à-elle concerne plus l’intensité des émotions face à des situations parfois banales. Dans le Larousse, elle est définie comme une « Disposition à réagir de façon excessive aux événements dans le domaine émotionnel ». L’hyperémotif peut aussi être hypersensible mais pas obligatoirement. Ses émotions peuvent être provoquées par des situations pouvant sembler ordinaires à d’autres personnes alors qu’elles atteignent profondément l’hyperémotif. Le débordement émotionnel qui en résulte peut conduire celui-ci à des réactions inadaptées à la situation (colères, comportements impulsifs, etc.). Cette caractéristique est potentiellement pathologique lorsqu’elle envahit la personne et a des conséquences sur sa vie, notamment sur les relations avec les autres.

Caractéristiques de la personnalité hyperémotive (pathologique)

Le cœur du problème d’une personnalité hyperémotive est la dysrégulation émotionnelle qui résulte :

  • D’une vulnérabilité émotionnelle intense:
    • Très forte sensibilité envers les situations vécues (stimuli)
    • Réponses émotionnelles très intenses à ces stimuli
    • Retour à l’état émotionnel de base très long
  • D’un dysfonctionnement des processus régulant ces émotions :
    • Débordement émotionnel
    • Interprétation erronée des émotions
    • Impossibilité de mentaliser ces émotions et ainsi de prendre du recul (prendre conscience du décalage entre la situation vécue et l’émotion ressentie)
    • Perte de contrôle
  • De réactions excessives
    • Impulsivité ou au contraire repli sur soi
    • Réponses inadaptées à la situation et au contexte

Cette prédisposition à la dysrégulation émotionnelle est biologique (sans être pour autant héréditaire), résultant d’un dérèglement d’une quelconque partie du système de contrôle émotionnel au cours de l’existence. Cela signifie que l’anomalie biologique à l’origine du trouble n’est pas spécifique et sera sans doute différente en fonction des personnes.

Une étude récente (Lars Schulze, Elsevier, Biological Psychiatry, 2016) a détecté une anomalie de traitement de l’information entre l’amygdale (siège des émotions et le cortex préfrontal dorsolatéral (siège de la régulation des émotions) chez les personnes hyperémotives et impulsives (on pourrait dire de ces personnes « qu’elles n’ont pas de filtre » entre leurs émotions et leurs réactions).

Suite à l’observation de cohortes de patients souffrant d’un trouble borderline et soumis à un EEG de sieste, une équipe de neurologues a pu associer ces pics émotionnels et ces pertes de contrôle à des crises d’épilepsie temporale partielles. Si cette hypothèse se vérifiait, ce serait une grande avancée dans la prise en charge car ce trouble de la personnalité deviendrait alors une maladie pour laquelle il existe de nombreux traitements médicamenteux efficaces.

Rôle de l’environnement dans la naissance d’une personnalité hyperémotive

On appellera environnement les parents, les figures parentales et celles qui détiennent l’autorité (enseignants, moniteurs de sports ou de loisir, etc.).

Un environnement invalidant se caractérise par des réponses fluctuantes en fonction des circonstances et de l’humeur de chacun et qui ne correspondent pas aux expériences personnelles de l’enfant. Ces réponses sont d’autant plus péremptoires que les réactions de l’enfant s’éloignent des normes sociales ou familiales. Elles sont souvent inadaptées, exagérées ou insuffisantes, loin de toute empathie.

Ce type d’environnement, à force de répétitions, favorisera le développement d’une personnalité hyperémotive chez un enfant prédisposé à une forte vulnérabilité émotionnelle. Réciproquement, cette vulnérabilité et le comportement répété de l’entourage provoquera chez l’enfant des réactions comportementales souvent inadaptées qui auront à leur tour un effet négatif sur l’environnement. Un cercle vicieux donc.

Exemple du père invalidant

Aurélie, 6 ans, rentre une fois de plus de l’école en pleurant. Son père, agacé, lui en demande la raison. Entre deux sanglots, l’enfant explique que sa copine Lucie a refusé de lui prêter sa poupée. Le père explose en lui rétorquant que des poupées, elle en avait plein sa chambre et qu’il y avait des choses autrement importantes dans la vie, qu’elle était priée d’arrêter de pleurnicher pour rien et de leur gâcher la soirée. Aurélie va retenir que ses émotions ne sont pas fondées et convertira sa tristesse en colère qu’elle retournera contre Lucie, responsable des remontrances de son père.

Alors que, dans un environnement invalidant, le ressenti de l’enfant face à son expérience personnelle est ignoré ou disqualifié, un environnement favorable fera au contraire preuve d’empathie et validera régulièrement l’expérience personnelle et le ressenti de l’enfant :

Exemple de la mère validante (empathique)

Quand Aurélie rentre une fois encore en larmes de l’école, sa mère lui en demande la raison. Entre deux sanglots, l’enfant explique que sa copine Lucie a refusé de lui prêter sa poupée.

« Elle est vraiment si jolie que ça la poupée de Lucie ? »

« Non, elle est moche, il lui manque plein de cheveux ».

« Pourquoi pleures-tu alors ? »

« Si Lucie n’a pas voulu me prêter sa poupée c’est parce qu’elle ne m’aime plus et ça me rend très triste »

« Mais peut-être que Lucie n’aime pas prêter sa poupée, cela n’a rien à voir avec l’amour qu’elle te porte ».

« Oui, c’est vrai, elle ne veut la prêter à personne sa poupée, pas même à sa sœur »

La mère validante va rechercher la raison de ces larmes, même si sa fille pleure beaucoup et souvent, car elle connaît son hypersensibilité et la difficulté parfois à comprendre la cause de ses chagrins à répétition. Le dialogue avec la maman permet d’identifier l’origine du drame (Lucie n’aime plus Aurélie) et ainsi donner du sens aux émotions de sa fille. Cette dernière comprend qu’il est normal qu’elle soit triste mais qu’elle a sans doute mal interprété la situation. Son chagrin n’a pas été disqualifié et n’a pas été jugé simplement sur ses conséquences, à savoir les larmes qui, trop fréquentes, agacent profondément son père.

Situation Famille validante Famille invalidante
L’enfant vient de boire mais dit qu’il a encore soif On lui donne à boire et on s’interroge sur un éventuel besoin  d’attention « Tu n’as pas soif, tu viens de boire »
L’enfant pleure On cherche à le consoler et à savoir la cause du chagrin « Arrête de pleurnicher pour rien » ou bien « c’est idiot de pleurer pour si peu »
L’enfant est en colère ou frustré On accueille sa colère, on cherche à en comprendre la cause, au-delà du comportement gênant On disqualifie les causes de sa colère, ce n’est pas important, on se focalise sur le comportement qui dérange
Suite à un échec, déçu, l’enfant dit qu’il a fait de son mieux « On n’en doute pas » Bien-sûr que non, tu ne n’es pas foulé, comme d’habitude »
L’enfant exprime ses préférences (vêtements, activités, décoration) On en tient compte et, lorsque c’est inadapté, on en explique les raisons On les disqualifie ou on les ignore, sans explication
L’enfant exprime ses pensées, ses croyances, ses convictions Même si elles sont naïves, on les écoute et on y répond en utilisant des termes adaptés à son âge On ignore, on se moque ou bien « la vie t’apprendra à penser autrement »
Etc…

Dans un environnement validant où l’enfant est écouté, chacun va évoluer dans la relation : la famille va comprendre les besoins de l’enfant et y répondre (mais pas nécessairement les satisfaire s’ils ne sont pas appropriés) et l’enfant va apprendre à mieux discriminer ses émotions et ses pensées de celles d’autrui, comprendre aussi que tout le monde n’a pas la même sensibilité.

Dans un environnement invalidant, un décalage persistant entre le ressenti émotionnel de l’enfant et la réaction de son entourage va favoriser grandement le développement de troubles du comportement caractérisant la personnalité hyperémotive :

  1. Les situations d’échec ou ressenties comme douloureuses par l’enfant sont banalisées et attribuées à sa personnalité (sensiblerie, manque de courage, tendance à geindre, manque d’intelligence, de discipline, etc.)
  2. Le contrôle des émotions négatives est valorisé (« arrête de te plaindre », « prends sur toi »)
  3. Les émotions fortement positives sont étouffées et attribuées à de l’impulsivité ou à un manque de réflexion ou de responsabilité.
  4. Les comportements jugés inadaptés (sur des critères souvent arbitraires) ne sont pas analysés mais confrontées (punitions voire vexations/humiliations) et font l’objet d’un rappel aux normes. La palette des comportements « autorisés » devient de plus en plus étroite à mesure que la confrontation se prolonge.

En résumé, l’environnement invalidant ne permet pas à l’enfant de vivre ses propres expériences en lui imposant une réponse sans lien avec son ressenti, ce qui l’éloigne de sa propre réalité. Le résultat est le développement d’une personnalité hyper réactive à l’environnement avec des émotions « apprises » en contradiction avec les émotions qui auraient été ressenties naturellement par la personne en fonction de son propre caractère

Stratégies de modulation des émotions inadaptées

Cette dysrégulation émotionnelle et ses conséquences négatives ne sont pas inéluctables. Même s’il n’existe pas aujourd’hui de solution miracle, il est possible d’adopter différentes stratégies pour mieux contrôler l’hyperémotivité. Les objectifs de ces stratégies sont les suivants :

  • Inhiber ou différer une réaction inappropriée déclenchée par une émotion forte, positive ou négative (diminuer l’impulsivité)
  • Permettre une réaction adaptée aux circonstances et à l’environnement, sans tenir compte de son humeur (par exemple, ne pas réagir agressivement à une remarque de son patron même si on est en colère)
  • Permettre un retour au calme rapide en cas d’émotion forte. Il doit se faire de façon autonome, sans avoir à recourir aux autres (cela ne signifie pas qu’on doit refuser de l’aide mais, si les personnes sollicitées ne sont pas disponibles, rechercher cette aide risque d’aggraver la situation)
  • Recentrer rapidement son attention suite à une émotion forte (pour éviter les ruminations)

Objectifs de la thérapie d’améliorations des compétences

L’objectif général de ce programme est de donner aux participants le désir d’investir leur vie plus librement, en acceptant ce qu’elles sont et ce que les autres sont, mais en travaillant sur leurs pensées, émotions et comportements afin de les rendre favorables à une meilleure adaptation à leur environnement  :

Spécifiquement, cela revient à apprendre et affiner les compétences nécessaires à modifier les comportements, les émotions et les pensées en lien avec la vie de tous les jours  :

  • Diminuer le chaos des relations interpersonnelles
  • Diminuer la labilité des émotions et des humeurs
  • Diminuer l’impulsivité
  • Diminuer les interprétations erronées menant à des comportements inappropriés
  • Améliorer la connaissance de soi
  • Améliorer l’efficacité interpersonnelle
  • Améliorer la gestion des émotions
  • Améliorer la tolérance à la détresse
  • Améliorer la prise de conscience totale de soi

La thérapie elle-même se compose de quatre modules. Il faut y ajouter les approches psycho-corporelles (pleine conscience, sophrologie, relaxation, …) qui contribueront largement à la gestion des émotions :

Module 1  : Prise de conscience totale

L’objectif de ce module « fil rouge » est d’améliorer la prise de conscience permanente de ce qu’on ressent, pense et fait, de manière à participer aux événements de manière éclairée et non impulsive. Il s’agit de distinguer la conscience factuelle (intellectuelle, objective) de la conscience émotionnelle (ce qu’on ressent) et de reconnaître à tout moment dans quel état de conscience on se trouve afin de pouvoir construire « en temps réel » un état de conscience éclairée qui permettra de ne pas réagir impulsivement en fonction des seules émotions.

Conscience factuelle  : observer et décrire les événements « hors soi », comme pourrait le faire un observateur extérieur

Conscience émotionnelle  : s’observer et décrire comment les événement ont été ressentis et interprétés

Conscience éclairée  : Distinguer la réponse émotionnelle de l’événement qui l’a provoquée (ex  : « je suis triste car ma meilleure amie ne m’a pas dit bonjour » est une association interprétative qui correspond à « je suis triste car ma meilleure amie est fâchée »)

Module 2  : Compétence d’efficacité interpersonnelle

 L’objectif de ce module est d’améliorer les relations avec les autres.

  • Etre actif dans les relations, ne plus les subir
  • Gérer les conflits entre priorités personnelles et demandes des autres
  • Etablir un juste équilibre entre désirs et devoirs
  • Ne plus attribuer à l’autre l’unique responsabilité de vos propres pensées et comportements
  • Devenir « expert », agir selon une conscience éclairée  et un objectif dont la priorité peut être  :
    • l’efficacité  : obtenir ce qu’on veut
    • la relation  : obtenir que l’on veut mais en privilégiant la bonne relation
    • soi-même  : obtenir que l’on veut mais en respectant ses valeurs

 

Module 3  : Compétence de régulation des émotions

L’objectif de ce module est d’apprendre à mieux gérer ses émotions et à établir des associations entre situations et émotions  :

  • Savoir identifier et nommer ses émotions
  • Apprendre à réduire sa vulnérabilité émotionnelle au quotidien (par exemple limiter alcools, excitants, personnes toxiques, situations systématiquement stressantes, etc)
  • Favoriser les événements à réponse positive

Module 4  : Compétence de tolérance à la détresse

 Objectif  : augmenter sa capacité à accepter et tolérer les situations de détresse qui font partie intégrante de la vie, sans essayer sur le moment d’améliorer la situation ou d’échapper aux émotions négatives inévitables provoquées par cette situation.

Tolérer la détresse, c’est percevoir son environnement tel qu’il est et non et tel qu’il devrait être ou qu’on voudrait qu’il soit et d’agir en conséquence.

C’est surtout survivre aux situations de détresse en acceptant la vie telle qu’elle est à un moment donné et en donnant sa chance à notre esprit de voir les choses différemment dans un futur proche.

Dans ces situations de détresse, les émotions négatives sont telles qu’il n’est plus possible de les gérer de manière objective, par exemple en espérant améliorer la situation. Il convient alors d’accepter ces moments et le ressenti douloureux qui les accompagne, sans essayer de changer quoi que ce soit à leur cause mais en s’efforçant d’y survivre.

Accepter ne signifie pas baisser les bras et se résigner mais au contraire de mettre en place des stratégies qui vont permettre de supporter les émotions envahissantes, trop fortes pour être contrôlées et de franchir ce cap sain et sauf.

Il existe 4 catégories de stratégies de survie pendant une crise  :

  1. Se distraire
    Il s’agit de réduire le contact avec les évènements responsables de l’émotion au moyen de techniques de crise (activités de dérivation, blocage intellectuel, génération d’émotions opposées, etc.)
  2. Se calmer
    Penser que la capacité de retour au calme doit venir de soi et non des autres
  3. Améliorer le moment (et non la cause)
    Consiste à se créer un micro-environnement ici et maintenant (concentration sur le moment présent, sur une seule chose à la fois et sur les choses positives, essayer de trouver le sommeil, prier, …
  4. Analyser les « pour » et les « contre »
    Penser aux aspects positifs et négatifs du fait de tolérer la détresse (souffrance intense au moment présent sans solution immédiate) par rapport à ne pas la tolérer (passage à l’acte, suicide, scarifications, alcoolisation, etc.)

Toutes ces compétences seront développées en détail ultérieurement.

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14 Comments

  1. Bonjour,
    Je suis à la recherche d’un(e) psychiatre et d’un(e) psychothérapeute, spécialisé(e) en trouble Borderline, pour aider et suivre ma fille de 21 ans, diagnostiquée Borderline et habitant à 83160 La Valette du Var (Toulon).
    Elle avait commencé à suivre une thérapie de groupe en Belgique (TCD), suivant le modèle de Marsha Linehan, mais entre-temps elle est partie s’installer en France et a dû interrompre sa thérapie.
    Un tout grand merci d’avance pour votre aide.

  2. Bonjour, est ce que la DBT peut se pratiquer online et si c’est le cas, le faites vous?

  3. Bonjour, je recherche un psychologue pratiquant la TCD sur Paris ou dans l Ouest de Paris.
    Connaissez vous un confrère ou une consœur ?

    Bien cordialement,

    Nina

    • Bonjour,
      Vous pouvez vous rapprocher de l’AFORPEL ou de l’AAPEL, deux associations dynamiques qui conseillent et orientent les personnes atteintes d’un trouble borderline.

  4. Bonjour je suis d’Annecy 74 et je recherche un thérapeute TCD dans ma région est ce que vous en connaissez un ? Je suis diagnostiqué borderline mais psychiatre et psychologue ne connaissent pas la TCD

  5. Bonjour,
    Je recherche sur Nice un psychiatre spécialisé dans le trouble borderline. Mon fils âgé de 26ans a déjà fait deux TS . Je vous remercie de me communiquer des spécialistes en TCD car les resultats sont encourageants
    Merci d’avance pour votre aide

  6. Bonjour
    Je recherche un psychiatre spécialisé des troubles bordeline, c’est pour ma fille de 20 ans. Elle souffre énormément… une thérapie comportementale dialectique m’intéresse particulièrement, est il possible de me communiquer les coordonnées d’un centre sur bordeaux proposant ce type de thérapie.
    Je vous remercie d’avance
    Cordialement
    Najat

    • Bonjour,
      Je rencontre le même problème pour ma fille.
      Je suis aussi sur Bordeaux et j’aimerais savoir si vous aviez pu trouver un psychiatre qui réponde à vos attentes.
      Merci

  7. Vous avez raison de prendre des précautions avant de faire entamer une thérapie à votre fille. Le TPEL se soigne très bien, à condition que le thérapeute soit compétent et au fait des TCC et/ou TCD et surtout que la patiente soit très motivée. J’ai déjà vu des résultats spectaculaires en moins d’une année. Courage et optimisme !

  8. Je ne connais malheureusement de thérapeutes TCD sur Caen ou sa région, ces derniers n’étant pas très nombreux en France. Je peux vous conseiller de contacter l’association AAPEL qui possède une liste de psychologues pratiquant ces thérapies. Egalement l’AFFORTHECC. Le Pr. Granger reçoit également dans son cabinet.

  9. Bonjour,
    L’ouvrage du Pr. Granger est tout-à-fait remarquable de précision et de simplicité.

  10. Monsieur,
    suite a de graves difficultés croissantes de ma fille depuis plusieurs années, et à force d’en parler à des psychiatres ou des psychologues, on m’a suggéré, depuis peu de temps, que sa situation correspondrait à un état de TPB. J’ai lu et ne cesse de relire le livre du Pr.Bernard Granger sur « Les Borderlines ». J’effectue le plus possible de recherches sur internet dans le but d’essayer de contacter un psychiatre ou un psychologue capable de m’orienter dans l’espoir de pouvoir apporter un début de solution à ce terrible problème qui ne cesse de m’affecter jour et nuit. Il me passe à l’esprit même de me demander parfois si ce ne serait pas moi qui serait atteint de ces symptômes. Votre article sur la TCD m’a beaucoup intéressé et en particulier la naissance des troubles suite à un milieu invalidant.
    Pour cela je vous demande qui je pourrais contacter à CAEN ou dans un voisinage afin de pouvoir réfléchir, être conseillé, et essayer de trouver un début de solution et éviter les écueils et les maladresses préjudiciables.
    En espérant une réponse je vous remercie d’avance.

    • Bonjour M. Lebrand,
      Je me permets de vous contacter pour savoir si depuis ce post, vous avez trouvé des solutions pour votre fille dans cette région… Je pourrais vous donner plus de détails en MP.
      Merci de votre réponse
      Silvia

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