La dépendance au tabac

Comme pour les autres drogues, il existe 3 types de dépendance  : physique, psychologique, comportementale.

 Dépendance physique  :

La dépendance physique au tabac est TRES FORTE, comparable à celle de l’héroïne. Sur 10 jeunes qui vont fumer occasionnellement pour faire comme les autres ou expérimenter, 6 deviendront des fumeurs réguliers en moins d’1 an.

  • La nicotine fumée parvient en 7 secondes au cerveau. « Shoot » qui crée et entretient la dépendance en stimulant le système dopaminergique (« système de la récompense »).
  • Phénomène probablement accentué par la présence naturelle dans la fumée du tabac d’alcaloïdes antidépresseurs de type IMAO (armane, norarmane) – même famille que le MARSILID et la MOCLAMINE notamment. IMAO = Inhibiteur de la Mono Amine Oxydase, antidépresseurs de première génération
  • La nicotine se fixe sur tous les récepteurs nicotiniques à l’acétylcholine (a4b2) :
    • dans les zones riches en neurones dopaminergiques du cerveau (procurant l’envie et le plaisir),
    • sur les glandes médullo-surrénales (activant l’adrénaline qui est excitante),
    • sur les plaques motrices (point de jonction entre les nerfs et les muscles) où elle exercera un effet décontractant

Cela explique l’effet paradoxal de la nicotine, à la fois excitant psychique et relaxant musculaire.

  • Cette « invasion » des récepteurs nicotiniques empêche le fonctionnement normal de l’acétylcholine et donc du cerveau. Pour s’adapter, ce dernier augmente le nombre de ces récepteurs afin que la nicotine et l’acétylcholine puissent cohabiter sans se concurrencer. Un gros fumeur peut avoir jusqu’à 50% de récepteurs nicotiniques en plus. A l’arrêt, ces récepteurs supplémentaires se désactivent mais ne disparaissent pas. A la moindre reprise de tabac fumé, même des années plus tard, le cerveau se sent à nouveau menacé et réactive progressivement mais rapidement l’ensemble des récepteurs supplémentaires qu’il avait créé initialement, ce qui explique que le fumeur rechute et revient à sa dose habituelle du passé en quelques jours ou semaines.On appelle tolérance le fait d’avoir à augmenter la dose consommée au fil du temps pour obtenir la même satisfaction. Contrairement à l’alcool, le seuil de tolérance au tabac augmente très rapidement pour atteindre un maximum au bout d’un an environ (correspondant au nombre maximum de récepteurs nicotiniques pouvant être créés). La conséquence est que chaque fumeur aura besoin de la même dose de nicotine toute sa vie.
  • La nicotine ne reste pas longtemps dans le corps, elle est éliminée très vite. Sa demi-vie très courte (2-3h) oblige le fumeur à consommer souvent pour maintenir son taux de nicotine et échapper ainsi aux symptômes de manque.

 La dépendance physique au tabac se mesure de 2 façons  :

  • Taux de monoxyde de carbone avec l’appareil CO TESTER
  • Score au test de Fagerström de 6 questions (2 questions principales  : combien de cigarettes par jour et délai entre réveil et première cigarette)

 Dépendance psychologique  :

  • Fumer pour communiquer, se concentrer, marquer une pause, … C’est le renforcement positif, qui incite à renouveler régulièrement le comportement.
  • Fumer pour échapper aux émotions négatives (colère, anxiété), souvent dues aux symptômes de sevrage eux-mêmes. C’est le renforcement négatif.
  • Type de dépendance le plus difficile à combattre car majoritairement basé sur des fausses croyances. Il cache bien souvent des comorbidités psychiatriques (notamment états anxio-dépressifs).

 Dépendance comportementale  :

  • Le fumeur dépendant va mémoriser au fil du temps des associations entre fumer et d’autres activités, véritables conditionnements classiques (Pavlov).
  • Par exemple, allumer une cigarette dès que le téléphone sonne, avec le café, après le repas, etc.
  • Pour arrêter, il faudra apprendre à « casser » ces habitudes… et tolérer parfois la frustration (une fois la dépendance physique éteinte, les envies ne durent pas)
  • L’extinction des habitudes se fera progressivement, au fil du temps, pour (quasiment) disparaître au bout de deux ans environ. Avant ce délai, l’ex-fumeur ressentira des envies, fugaces ou plus soutenues, lorsqu’il se trouvera dans certaines situations (après le repas, en consommant du café, en faisant une pause au travail, etc.). Ces situations sont dites « à risque ». A mesure que la durée de l’abstinence augmente, ces envies se font moins fréquentes, moins intenses et moins longues. L’ex-fumeur doit néanmoins rester très vigilant, notamment pendant la première année.

Reprendre une cigarette lorsqu’on a arrêté de fumer, même plusieurs mois ou années après, amène une grande probabilité de rechute.

 

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